Mon Marathon des Sables 2015

Un grain de sable dans le désert L’aventure du marathon des sables 2015, a commencé pour moi en mai-juin 2014 lors de mon inscription ! Un long préparatif commençait, autant en terme d’entraînement que du choix du matériel et de l’alimentation. DSCN0707 A propos de l’alimentation, étant donné que l’on doit être en autosuffisance alimentaire, il fallait que je choisisse avec soin ce que j’allais manger pendant une semaine. Principalement des plats lyophilisés, où il suffit de compléter avec de l’eau pour retrouvé un plat tout prêt en maximisant le rapport poids/calorie. L’idéal est choisir des plats au-dessus de 400 kcal/100gr. Cela n’a pas été évidemment étant donné mon intolérance au lait. La marque MX3 met du lait même dans sa compote. J’ai réussi à sélectionner 3 recettes dans la marque Real Turmat. Pâtes à la Bolognaise, riz aux herbes et pâtes provençales. Le Riz aux herbes me donnait la nausée et les pâtes provençales avait vraiment aucun goût. Je me suis rabattu sur les Pâtes à la bolognaise pour tout les repas du soir à part le mercredi le jour de l’étape longue, remplacé par du Pemmican. Pour le matin, cela a été aussi très compliqué, car ne pouvant pas prendre de muesli lyophilisé, j’ai testé les crèmes petit-déjeuner de 2 marques, mais elles me donnaient la nausée, je me suis rabattu sur des biscuits Outdoor. Assez calorifique, mais malheureusement très volumineux. L’alimentation risque d’être un gros problème pour moi. La préparation du sac entre le choix des différents équipements et la pesé pour essayer de minimiser au maximum le poids a demandé aussi beaucoup de temps. Vendredi 3 avril 2015 , le grand jour est arrivé. Les départs sont répartis sur trois vols et je suis sur le dernier. Je ne retrouve personne que je connais. Le vol devait décoller à 11h40, mais il y aura un retard de 45-50 min. Atterrissage à Ouarzazate puis transfert en bus de 350 km pour arriver au bivouac. La nuit est déjà tombée à notre arrivée, pas évident de trouver une place, heureusement qu’il y avait des commissaires-bivouac pour nous aider à trouver une place libre dans une tente. Je me retrouve dans la tente 63. Coucher vers 22h-22h30. La nuit a été longue, je me suis endormi que vers 2 h du matin. Mon sac de couchage et mon petit matelas gonflable ont remplit leur rôle, mais être trop à l’horizontale me gène beaucoup, je respire mal. J’arrive à trouver le sommeil en utilisant mon pantalon « civil » plié pour me faire un oreiller. Mais cela n’empêche pas de me réveiller plusieurs fois pendant ce qui reste de la nuit. Cela promet pour les nuits suivantes. Samedi matin, le bivouac se réveille. Au programme, les contrôles médicaux, administratifs et du sac. L’horaire varie selon son numéro de dossard. Je dois me présenter entre 8h30 et 12h. Il ne faut pas traîner pour faire son sac et mettre dans la valise ce qu’on ne prend pas pour la semaine. Je me demande si je vais arriver à fermer mon sac à dos, mais j’y arrive finalement en espérant que le lendemain matin avec le petit déjeuner en moins, la fermeture du sac sera moins acrobatique. L’attente sera de presque une heure sous le soleil. Peser du sac : 8 kg ! Je suis très agréablement surpris !  (Selon le règlement de la course, le poids du sac doit être compris entre 6.5 Kg et 15 Kg) Récupération de la balise transpondeur, de la balise gps, des comprimés de sel, et des dossards en passant par le médecin. Reste une autre tente où on vérifie notre transpondeur et où on nous prend en photo avec notre dossard. Dans la file d’attente, je rencontre Christian Ginter, le numéro de dossard 1128 , il va participer à son 28 ème marathon des Sables ! La journée se déroule entre les repas servis par l’organisation et les vérifications pour l’autre moitié de la tente 63 et la préparation du sac pour le lendemain. Dans la soirée, on a eu droit à un petit concert en plein air et le discours de Patrick Bauer. La nuit se passe plutôt bien, me je me réveille très souvent notamment par des bourrasques de vent. Mes chaussures me servent d’oreiller. Dimanche 5 avril. On se réveille tranquillement, nous serons quasiment près quand l’équipe de Bachir enlève la tente et le tapis. Les fameux biscuits et de la compote sont à mon menu du matin. Le sac à dos sur le dos, direction la ligne de départ pour la photo aérienne du 30 avec les coureurs. Mais je dois faire demi-tour à cause de maux de ventre. Ca va, j’arrive pas en retard pour la photo et le départ est donné après le débriefing de Patrick Bauer, avec un peu près 20 min de retard. La musique d ACDC résonne et je franchis la ligne de départ. Sur les 200-300 premiers mètres, le parcours est encadré par des cavaliers à dos de dromadaires et de chevaux.

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Je progresse à bonne allure et pense bien à m’hydrater. Différents types de terrains se présentent à nous. Plus ou moins facile, avec quelques petites cotes.  Il fait déjà assez chaud, dans les 33 degrés. Je pense à remettre de la crème solaire régulièrement. Je n’ose imaginer les nuits si j’ai des coups de soleil ! Pendant ma progression, je repense à ce matin, et je pense que ce sont les gâteaux outdoor qui ne passent pas, je n’ai pu pourtant avaler que la moitié du paquet. Je n’aurai qu’à m’en débarrasser de retour au bivouac, mais l’alimentation risque d’être compliquée. D’autant plus que pour la course, j’avais prévu des gels Gu et des barres 9bar. Mais avec la chaleur, ils sont très difficiles à avaler. Deuxième coup dur concernant l’alimentation. J’essaye de profiter du paysage et prends quelques photos. J’arrive en vue du Cp1 (13.4 km) en environ 3h30. Je prends ma bouteille d’eau et me place à l’ombre d un 4×4 pour remplir mes gourdes et me reposer un petit peu. J’en profite pour déplier mes bâtons, je n’avais pas pensé à les prendre de mon sac au départ. Je remets mon sac, arrose un peu ma casquette et repart, direction le cp2 (24.8 km, soit 11.4 km). Je dois le passer avant 7h20 de courses. Le parcours se compose dans un premier temps de beaucoup de petites dunes. Je suis bien content d’avoir sorti les bâtons, ils m’apportent une aide non négligeable dans le sable et les montées.

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A un moment, j’ai un peu de mal à voir le parcours, la concurrente devant moi est assez loin et il me semble que je n’ai personne dernière moi. Au détour d’une dune, j’aperçois un lézard qui court devant moi, j’ai l’impression qu’il me montre le chemin !

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Je sens que je faiblis, j’avance de plus en plus lentement. Un bruit derrière moi me fait me retourner, deux dromadaires me suivent. Ça fait pas de doute, ce sont les dromadaires-balais, je suis dernier ! Je continue à avancer avec une forte douleur à l’épaule gauche depuis déjà plusieurs minutes. J’arrive à la hauteur d’une voiture postée sur le parcours. Un doc-trotter me demande si ça va, je sais plus ce que je lui ai répondu, mais il a préféré prendre mes constantes. Je m’assois à l’arrière du 4×4, à l ombre. Je dois être déshydraté. Pourtant j’ai bien bu régulièrement et pris les comprimés de sel comme indiqué. On me donne à boire un truc très salé dilué dans un de mes bidons que je dois boire entièrement. Ce n’est pas très bon ! Quelques minutes après avoir fini de tout boire, je sens une douleur dans la poitrine, au milieu, une barre verticale. Plein de picotements dans les bras et le bas du visage. Je suis à 150 pulsations par minute, alors que je suis assis. Ils me mettent une perfusion. La première, dans le pli du coude ne réussit pas, il me repique au poignet, ce qui est plus douloureux. Quelqu’un me demande si je comprends ce qui se passe, j’ai répondu qu’un médecin devait venir en hélico. Je devais être un peu dans le déni, je suis plus vif à comprendre d’habitude. Il me répond que oui, le médecin vient en hélico mais c’est pour me ramener au bivouac, qu’il ne peuvent pas me laisser partir avec le risque qu’il m’arrive quelque chose quelque minutes après. Il m’ont fait un ECG, il est normal, mais avec des pulsations aussi hautes, Il est nécessaire de faire d’autres examens au bivouac. Je dis ok ok, oui oui, c est préférable, et puis les larmes viennent toutes seules sans prévenir ! C’est la première fois que cela me fait ça. Cela n’a pas duré longtemps, mais j’avais vraiment occulté la situation et il fallait que quelqu’un me le dise pour que mon cerveau le comprenne vraiment. La personne n’a rien dit, ils doivent avoir l’habitude, mais mon visage devait avoir moins de sable à certains endroits. Tel le désert traversé par des oueds asséchés. Donc transfert en hélicoptère, ambulance et brancard jusqu’à l’infirmerie (alias L’Usine ! ). Bien qu’allonger depuis 15 minutes, je suis encore à 120 pulsations par minute. J’ai eu droit à plusieurs ECG et j’étais sous contrôle de la tension et pulsation automatique tous les 5 min et toujours sous perfusion. J’ai du avoir 3 litres de perfusion en tout.

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En face de moi, un autre coureur, Anthony rapatrié aussi en hélico au bivouac, un problème à la hanche. Je croyais qu’elle était cassé mais c’est pas du tout le cas. Il a vraiment dérouillé, les doc lui ont fait une piqure pour calmer la douleur pour pouvoir le transporter, mais juste après il a perdu connaissance et il ont du l’intuber, c’est plus impressionnant en vrai qu’à la télé. Quand il reprend connaissance, la douleur est toujours là. Il a été héliporté à l hôpital, je pensais qu’il serait rapatrié, mais pas du tout. Je l’ai revu à l aéroport. Il a été laissé à l’abandon par l’organisation après l’hôpital. Il a du se débrouiller tout seul pour rejoindre l’aéroport. De mon coté, je suis descendu en dessous de 100 bpm que vers 19 h et le médecin ne voulait pas me laisser partir avant que je sois en dessous de toute façon. A 20 h, une prise de sang pour vérifier un marqueur de souffrance du cœur qui se libère au bout de 6 h, mais RAS. J’étais encore à 92 bpm avant d’être libéré. Le médecin m’a donné une lettre pour mon généraliste pour faire un point avec un cardiologue. Un commissaire de course est venu me chercher vers 21h, on a prit ma nourriture que je récupèrerai le lendemain. J’ai dîné avec 2 personnes de l’organisation, c’était soirée grillade 🙂 et on me raccompagne dans le nuit à ma tente pour passer la nuit. Petit déjeuner avec l’organisation. Cela m’a donné l’occasion de voir l’envers du décors du MDS. C’est une sacré organisation pour gérer tous les différents besoins du bivouac et des coureurs. Retour à Ouarzazate ce lundi 6 avril, dans un premier temps en 4×4 à travers le désert, 2 h de route env puis ensuite un mini-bus pour environ  5-6 h. J’ai fais la connaissance de 3 élites , Karim Mosta, Karim Bennis et Omar Berrada. J’ai même déjeuné avec eux, on se console comme on peut. De plus, Ils ont été très sympa avec moi ! En s’approchant de Ouarzazate, nous avons eu droit à la pluie et à des grêlons, et pas des petits. C’était bien la dernière chose que je m’attendais de voir au Maroc. J’ai vraiment apprécié le bain et le vrai lit de l’hôtel.

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Je devais pas les idées trop claires lundi soir, car je pensais rester jusqu’à lundi 13 avril, date du vol retour. Et rejoindre le reste du MDS à partir de samedi soir, mais les nuit d’hôtel reviennent plus cher qu’un billet d’avion et l’attente risque d’être très longue. Malheureusement, celui de mardi est déjà parti et il n’y a pas de vol à partir de Ouarzazate vers Paris le mercredi. Me voici avec un billet pour le jeudi 9 avril à 10h20. La bérézina continu, arrivée à l aéroport pour 8h30, j’apprends qu’à cause de la gréve des contrôleurs en France, le départ est reporté pour 14h40. Mais après de plus de 6 h d’attente, on nous annonce qu’il est annulé. Je suis dépité, reprend un taxi, revient à l’hôtel. La réceptionniste quand je demande une chambre, « mais vous deviez partir ce matin ». « Oui oui, mais le vol a été annulé alors me revoilà ». Elle me redonne la même chambre, je commence à être un habitué 🙂 Vendredi 10 avril, je me réveille à 5 heures pour être à l’aéroport pour 6h. Le décollage est prévu à 8h20 vers Casablanca pour une durée de 45 minutes. Puis le vol vers Paris à 14h40 pour une arrivée à 18h20. La journée et l’attente vont être longue. Mais au moins pas d’autres surprises , je suis enfin chez moi dans la soirée. Après le marathon des sables , le marathon du rapatriement ! Est ce que je participerai de nouveau au marathon des sables pour avoir ma revanche ? Pour l’instant que je crois bien que non. Sans parler du fait que cela demande beaucoup de temps, d’argent, de préparation. Au niveau alimentaire, je crois bien que c’est trop difficile à gérer avec tous mes intolérances, en plus de tous les autres paramètres. De plus, la vie au bivouac n’est pas évidente et il est difficile de bien récupérer en étant réveillé une dizaine de fois par nuit. Cependant cela reste une expérience que je ne suis pas près d’oublier.

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Mon prochain objectif devait être les 100 km de Millau mais je crois que je vais reporter au minimum pour 2016, faire les vérifications médicales et me contenter de refaire des courses « plus tranquilles ». Quelques semi-marathon et marathons.

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